Dépôt de garantie : ce qui peut être retenu et comment contester une retenue abusive
Seules les dégradations locatives (trous, rayures, cassures) sont retenues sur le dépôt de garantie.
- Murs : trous non rebouchés et peinture abîmée.
- Sols : rayures profondes ou carrelage fissuré.
- Plomberie : robinet forcé et joints moisis par manque d’entretien.
- Électroménager : hotte encrassée ou thermostat du four endommagé.
- Fenêtres : vitre brisée et volet roulant bloqué.
Dégradations imputables au locataire : ce qui peut vraiment être retenu sur la caution
En tant que locataire, votre dépôt de garantie peut être entamé pour financer les réparations des dégradations que vous avez causées. Pour qu’une retenue soit légale, le propriétaire doit prouver qu’il ne s’agit pas d’une simple usure du temps. Voici les principaux postes de dégradations facturables, avec des exemples concrets.
- Murs : trous et peinture abîmée – Les grands trous de cheville non rebouchés, les éclats d’enduit, les traces de chocs profondes ou une peinture refaite sans soin (coulures, mauvaise couleur) sont à votre charge.
- Sols : rayures et carrelage fissuré – Les rayures profondes sur un parquet (dues à des meubles traînés sans protection) ou un carrelage fendu (à cause d’un choc) sont des dégradations facturables.
- Plomberie : robinetterie cassée et joints moisis – Un robinet qui fuit parce que vous l’avez forcé, des joints complètement noirs de moisissure par manque d’entretien, ou un siphon bouché sont des exemples typiques.
- Électroménager : hotte ou thermostat défectueux – Si la hotte ne fonctionne plus à cause d’une accumulation de graisse non nettoyée, ou si le thermostat du four a été endommagé par une surutilisation, la réparation peut être retenue.
- Fenêtres : vitres cassées et volets bloqués – Une vitre brisée (accident) ou un volet roulant bloqué par un mauvais usage (courroie arrachée) sont des dégradations imputables au locataire.
Dans tous les cas, le propriétaire doit justifier chaque retenue par un devis ou une facture. Une retenue forfaitaire sans justificatif (comme une retenue de 20 % sur la caution sans explication) est abusive et peut être contestée. Si le propriétaire tarde à restituer le dépôt de garantie, il s’expose à une pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.
Usure normale vs dégradation locative : ce qui ne peut pas être facturé

La vétusté, due au temps ou à un usage normal, n’est jamais imputable au locataire. Ainsi, la décoloration des peintures, le jaunissement des murs ou l’usure d’un sol ne peuvent donner lieu à une retenue sur le dépôt de garantie. Les traces de meubles sur la moquette ou le parquet relèvent aussi de la vétusté.
Les joints vieillissants dans la salle de bain ou les sinistres extérieurs (inondation, tempête) sont exclus de la facturation locative. Vous ne devez pas non plus payer pour la peinture jaunie par le temps. Seules les dégradations locatives (trous, rayures profondes, cassures) sont retenues, sur présentation de devis ou factures.
Si le propriétaire retient 20 % sur la caution sans justificatif, cette pratique est abusive. La loi protège le locataire : sans preuve de dégradation, la somme doit être restituée dans les délais légaux (1 mois si l’état des lieux de sortie est conforme, 2 mois en cas de différences).
Comment se protéger des facturations abusives sur le dépôt de garantie
L’état des lieux : la clé pour éviter les retenues injustifiées
Un état des lieux d’entrée ultra-précis est votre bouclier numéro un. Sans lui, l’article 1731 du Code Civil présume que vous avez reçu le logement en bon état, ce qui fragilise votre défense en sortie.
- État des lieux d’entrée : notez chaque micro-défaut (rayure, trou d’agrafe, joint qui se décolle). Faites-le contresigner par le propriétaire.
- Photos et vidéos : prenez des clichés datés de chaque pièce, des murs aux plinthes. Une photo d’un plan large ne suffit pas ; zoomez sur les traces existantes.
- Conserver toutes les factures : gardez les tickets d’entretien (détartrage chaudière, ramonage, entretien VMC). Elles prouvent que vous avez respecté votre obligation d’entretien courant.
- Réparer les petits défauts : changez un joint qui noircit ou une ampoule grillée immédiatement. Un petit désordre négligé devient vite une « dégradation » sur l’état des lieux de sortie.
Contester une retenue abusive : les bons réflexes
Face à une déduction injustifiée, ne restez pas passif. Les procédures sont encadrées et vous protègent si vous agissez vite.
- Refuser toute retenue sans justificatif : une retenue forfaitaire de 20 % sans explication est abusive. Le propriétaire doit détailler chaque somme.
- Exiger devis ou facture : le bailleur ne peut vous retenir que le coût réel des réparations. Demandez le devis de l’artisan ou la facture acquittée avant d’accepter une déduction.
- Contester par lettre recommandée : écrivez dans les délais légaux (avant la restitution du solde). Rappelez la règle : si l’état des lieux de sortie est conforme, le dépôt doit être restitué sous 1 mois ; sinon, sous 2 mois.
- Saisir la commission de conciliation : en cas de blocage, adressez-vous gratuitement à la commission départementale de conciliation. C’est souvent plus rapide qu’un tribunal et dissuade les propriétaires abusifs.
Cadre juridique : vétusté et dégradation selon la loi
La vétusté, définie par le décret n°2016-382 du 30 mars 2016, désigne l’usure normale due au temps ou à un usage prolongé. Selon l’article 1755 du Code Civil, elle ne peut jamais être facturée au locataire. Votre bailleur ne peut donc pas vous retenir sur le dépôt de garantie le simple jaunissement de la peinture ou l’usure des sols.
Le propriétaire peut uniquement réclamer le coût des dégradations locatives (trous, rayures, joints moisis). En l’absence d’état des lieux d’entrée, l’article 1731 présume que le logement était en bon état, ce qui rend toute retenue difficile. Si le propriétaire retarde la restitution de la caution sans motif, une pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard s’applique.
Ce qu’il faut retenir : les chiffres et procédures clés du dépôt de garantie
| Situation | Délai légal | Sanction en cas de non-respect | Justificatif obligatoire |
|---|---|---|---|
| État des lieux de sortie conforme à l’entrée | 1 mois maximum | 10% du loyer mensuel par mois de retard | Aucun justificatif nécessaire |
| Differences constatées entre les deux états des lieux | 2 mois maximum | 10% du loyer mensuel par mois de retard | Devis ou factures détaillées |
| Retenue forfaitaire sans détail (ex: 20%) | N/A (procédure abusive) | Contestation possible devant la commission de conciliation | Pièces justificatives obligatoires |
Le propriétaire ne peut pas retenir une somme forfaitaire sans fournir de devis ou facture. Une retenue de 20% sur la caution sans explication est considérée comme abusive et peut être contestée. En l’absence d’état des lieux d’entrée, la loi présume que le logement était en bon état (article 1731 du Code Civil), ce qui protège le locataire contre la plupart des retenues.
FAQ : toutes vos questions sur les retenues du dépôt de garantie
Qu’est-ce qui peut être retenu sur la caution d’un locataire ?
Seules les dégradations locatives constatées sur l’état des lieux de sortie peuvent être retenues. Cela inclut les trous dans les murs, les taches irréversibles, les appareils endommagés ou les carreaux cassés. Les charges impayées et les loyers dus sont également déduits.
Comment savoir si une retenue sur le dépôt de garantie est abusive ?
Une retenue est abusive si elle concerne l’usure normale (moquette vieillie, peinture ternie) ou si elle n’est pas justifiée par un devis ou facture. Comparez l’état des lieux d’entrée et de sortie : toute différence non liée à un usage anormal est abusive.
Quelles dégradations peuvent être facturées au locataire par le propriétaire ?
Le propriétaire peut facturer les dégradations volontaires ou par négligence : dégât des eaux non déclaré, moisissures dues à un manque d’aération, rayures profondes sur le parquet, ou sanitaires obstrués. Les frais de remise en état doivent être proportionnés au préjudice réel.
Que faire en cas de retenue de 20 % sur la caution sans explication ?
Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au propriétaire pour demander les justificatifs (devis, factures). Si aucune réponse sous un mois, saisissez la commission départementale de conciliation ou contactez l’ADIL. Vous pouvez aussi menacer de poursuites judiciaires.
